Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 16:58

Jour 23 & 24 : jeudi 28 & vendredi 29 juillet

Etape: Canet d'en Bérenguer Barcelone BéziersParis Andenne Bruxelles

km : 6960 km : 8780 km : 1820 km

 

Quel beau soleil par cette journée matinale. Où sommes nous? Sur la plage, ok, bon, il y a des douches dans le coin? Même une toilette, bravo les espagnols...

Mais là, on ne rigole pas, il faut tracer, plus trop le choix. Maintenant il y a deux pilotes (et deux co-pilotes). La relève est assurée et la moyenne remonte. Même si l'on se permet encore quelques petits arrêts comme à Stges, par exemple...

On sera à la maison vendredi midi. Sans soucis.

Quel voyage...

Merci à tous!

 

www.artemunde.org

www.biennaledelaceramiqe.be

Par Pascal Léonard - Publié dans : Voyages poteries & céramiques
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 16:56

Jour 22 : mercredi 27 juillet

Etape: Melilllia Canet d'en Bérenguer

km : 6425 km : 6960 km : 535 km

 

C'est le grand retour! Un dernier regard en arrière et on rejoint la file d'embarquement. Il n'y a pas trop de monde, on échappe au chassé-croisé des juillettistes et aoutiens. Un nouveau contrôle à l'aide de chiens à la recherche des drogues marocaines. Quelques questions, mais ça passe. On peut rejoindre le pont et les passagers. Sortir notre mouchoir, et l'agiter à bout de bras pour...

Mais non, arrêtons de rêver, la Belgique nous attend...

Une dernière photo quand même? Le bateau quitte, les mouettes s'envolent et guettent une proie dans les remous des vagues du sillon écumeux. Une banquette ensoleillée nous est réservée, on pourra bronzer un peu, enfin! Et se reposer peut-être.

Au fait combien reste-t-il de kilomètres à parcourir. C'est quand ton rendez-vous à Bruxelles? Vendredi après-midi? Tu blagues, j'espère?

On dormira, 500 km plus tard sur la plage près de Puerto de Sagunto, à Canet d'en Berenguer, exactement, une sympathique guinguette à l'espagnole nous ayant accepté pour un dernier mojito.


Par Pascal Léonard - Publié dans : Voyages poteries & céramiques
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 16:54

Jour 21 : mardi 26 juillet

Etape: Al Hoceima Nador Melilllia

km : 6280 km : 6425 km : 205 km

 

Une nouvelle journée radieuse s'annonce. La pluie a disparu depuis notre arrivée. Il fait bon le matin en bord de mer. Ayant quitter l'hôtel qui ne nous laissera aucun souvenir, quoique..., nous avions décidé de nous rendre à la plage. La circulation du centre ville est plus calme que la veille.

La ville, de style méditerranéen, est plutôt agréable, la couleur blanche domine. On remarque qu'elle est ancrée dans une baie entourée de montagnes. Des hôtels et belles résidences dominent la mer du haut d'une falaise. Par une route en épingle à cheveu, nous contournant le bel hôtel Mohammed V, complet la veille. A la vue des nombreux gardes royaux postés tous les 10 mètres, nous comprenons que son successeur, le n° 6, loge sur place. Il fêtera les 10 ans de son règne ce jeudi. Les préparatifs commencent et les drapeaux se hissent tous côtés. Les festivités s'annoncent « royales ».

Il est trop tôt pour le café à la plage mais le soleil a déjà envahi les lieux. Nous préférons un café du centre, près des souks permanents dans la vieille ville. N'est-il pas l'heure des derniers achats?

Au sortir de la ville, après avoir jeté un rapide coup d'œil au Peňon, cet éperon rocheux dominant la baie vers l'est, témoin de l'ancienne souveraineté espagnole, nous empruntons une route en bord de mer, non signalée sur la carte. Probablement oubliée par des cartographes distraits, elle est plaisante et roulante.

Une dernière halte auprès de marchands d'artisanats du Rif permet de bien remplir le coffre de la Land.

Et puis Nador et les formalités de douane à effectuer encore ce jour. Car mercredi est jour de fête nationale, nous craignons des problèmes, le bateau ne nous attendra pas.

Nous arrivons à Melilla sans trop de problèmes, sauf un léger contrôle des bagages pas bien méchant. On remet les pendules à l'heure, ce qui nous vieillit d'une heure. La soirée tombe.

Malgré l'affluence du mois de juillet, il reste encore une chambre dans la vieille ville, non loin de la 'cerveceria' découverte à l'aller. L'architecture de la ville nous frappe une dernière fois, une atmosphère originale fort différente du Maroc si proche. On ressent directement l'influence de l'argent, dans les modes de vie et comportements des jeunes, habillés à le dernière mode occidentale. Dans le bar, c'est une majorité de femmes, toutes jolies et sexys (mais oui, c'est l'été) qui s'adonnent aux joies des tapas accompagnant leur coupe d'apéritif. Allez, une pression pour la soif. Les tapas sont délicieux et copieux... Avant que Pascal ne se souvienne du 'vino tinto con limonade' servi à la pression.

On fermera la boutique. Heureusement, l'hôtel est tout proche, et les valises sont faites pour le grand retour.


 

Par Pascal Léonard - Publié dans : Voyages poteries & céramiques
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 16:48

 

Jour 20 : lundi 25 juillet

Etape: Chefchaouen Rif Al Hoceima

km : 5985 km : 6280 km : 295 km


Cette fois, on sent que la boucle du « Maroc Ceramic Tour » se referme. Mais, il reste des objectifs primordiaux, notamment sur nos projets de tourisme responsable. Et nous avons de nouvelles pistes pour aborder une dernière fois le Rif, avec optimisme. Des pistes et un rendez-vous à un ancien poste des douanes au lieu-dit « Souk Al Had » avec Ahmed, fils de potière traditionnelle. Nous ne sommes pas très loin de Chaouen, mais à vol d'oiseaux... Car la route est toujours aussi sinueuse et montagneuse. De nouvelles vues panoramiques, et un chauffeur détendu (le kif... ou alors?) qui laisse le photographe amateur s'en donner à cœur joie. Au fond des canyons, quelques habitations au bord de l'oued, une barque, des plantations, de la végétation luxuriante. Autour de nous, un paysage plus rustre, déjà brûlé par l'altitude et la chaleur. Quels contrastes!

Les sommets des collines avoisinantes semblent désertiques mais ce n'est qu'une illusion.

Arrivés au douar d'Ahmed, notre guide nous propose une balade jusqu'au sommet afin d'avoir une vue unique sur la vallée voisine. Laissant la 4x4 près de la maison familiale, nous grimpons à pied la colline escarpée sous un soleil de plomb. Heureusement, Ahmed a prévu un mignon chapeau de paille pour nous protéger des rayons. A vrai dire, nous grimpons dans un champ de blés coupés où seules restent les petits bouts des tiges de couleur paille. Sur ce sol rougeâtre, de loin nous avions l'impression d'un sol brûlé, mais c'est loin d'être le cas. Des vignes, des oliviers, des figuiers, des tomates, des légumes poussent dans ce coin perdu où l'électricité n'arrive toujours pas. Plus invraisemblable encore, alors que nous sommes quasi au sommet de la montagne, un puits creusé apporte l'eau en suffisance. Mais elle vient d'où, cette eau? Ahmed nous explique qu'ils vivent en autarcie avec les quelques villages voisins où le troc permet d'échanger les besoins essentiels.

Après cette balade, nous dégustons un repas que nous envions par la qualité des aliments. Olives, tomates, salades en entrée; tajine de marinade de poulet « bio » aux pois et carottes, avec de délicieuses pommes de terres goûteuses. La chambre est prête pour le soir pour nous héberger. Le sens se l'accueil marocain se confirme, si besoin en était encore.

Malgré la chaleur de l'après-midi, et l'heure de la sieste, la potière nous montre son métier difficile. Elle concasse un mélange de terres locales afin d'obtenir une bonne argile, plastique et résistante. Après avoir tamisé les poudres obtenues et éliminé les petits cailloux et déchets, elle mélange l'argile à l'eau pour obtenir une juste quantité de pâte brunâtre prête à être façonnée.

Elle nous invite dans la maison où la petite pièce, qui sert d'espace d'exposition et de stockage se transforme en atelier rudimentaire. Parce Madame façonne la poterie à même le sol, le dos appuyé contre le mur, les jambes écartées, un genou replié.

La chaleur est intense, elle retire son chapeau tandis que nous sentons perler quelques gouttes de transpiration sur le front et dans le dos. Nous ne voulons rien perdre de cette démonstration, les appareils de prise de vue sont parés.

Le façonnage prend forme à partir d'une boulette d'argile aplatie qui sert de fond au pichet. Les colombins sont superposés calmement, sans geste brusque, presque dans le masse. La panse élargit, le col referme, le cruchon prend forme. La température monte, la sueur coule littéralement sur les visages, il faut s'éponger, on se sourit, on se comprend, on est dans le respect et la passion.

Le pichet est terminé, simple et naturel. Beau. Dans le regard de cette dame âgée, fatiguée, on lit de le fierté. Nous aussi nous sommes fiers d'avoir grimpé dans ce lieu et espérons aussi défendre les mêmes valeurs qu'elle défend depuis tant d'année. Ce maintien des traditions de la poterie féminine du Rif. Ce maintien d'un métier, difficile, sale, si peu rentable mais qui transforme quelques grains de terre en un objet créatif qui accompagne l'être humain, dans ses plaisirs et rites tout au long de la vie.

Le décor est réalisé à l'extérieur, à l'ombre, un très léger vent soulageant l'atmosphère. Quelques roches de la région sont broyées pour les couleurs, noires et rouges. On les mélange à l'eau et à l'aide de quelques cheveux emprisonnés dans un galet d'argile, la potière trace les lignes du décor géométrique, toujours aussi calme et concentrée.

Félicitation Madame, permettez-nous de faire un portrait de vous?

De la potière, de l'artiste, de la femme, de la mère, de la grand-mère, de la paysanne?

Quelle heure est-il? Que faisons-nous? On reste ou on continue la route endiablée?

L'heure avance, la prochaine étape est longue, le chemin difficile. Inch Allah, nous irons à Al Hoceima.

Que dire de la route sans se répéter? En bord de mer, pas encore d'autoroute côtière qui relie les grandes villes du Nord. Elle se construit, c'est pour bientôt « Tanger-Alger ». Mais en attendant la montagne et ses petits villages lents à traverser. Le soir, la vie s'exprime dans ces lieux traits d'union qui rassemble la jeunesse, les commerçants, les voyageurs.

On nous siffle, on nous fait signe, on court parfois vers nous pour nous proposer le cannabis local. Le climat s'assombrit en même temps que la route. Il nous tarde d'arriver.

Pas de possibilités de réserver un hôtel par téléphone. Tout est complet. Nous comprendrons le lendemain pourquoi.

Arrivé vers minuit à Al Hoceima, c'est la fête: podium et musique. La ville chante. C'est une station balnéaire de vacances. On l'imagine enfin. Pas d'hôtel disponibles. Nous nous dirigeons vers la mer où la friture de poisson est encore servie au Club Nautique du port de pèche. On y parle toutes les langues, enfin on y rentre de toute l'Europe, au Pays, au Maroc et on se précipite sur les calamars frits.

On trouvera une 'chambre' tard dans la nuit, fatigués mais repus.


Par Pascal Léonard - Publié dans : Voyages poteries & céramiques
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 15:55

Jour 19 : dimanche 24 juillet

Etape: Tétouan Oued Laou Chefchaouen

km : 5855 km : 5985 km : 130 km

 

Nous quittons Tétouan vers la village potier d'Oued Laou, renommé pour les tajines en terre cuite. La route paraît facile mais de nouvelles surprises, de moins en moins surprenantes, nous fait prendre une route côtière très vallonnée et sinueuse, néanmoins fort jolie. A conseiller avant que de nouvelles urbanisations viennent transformer ces paysages en stations balnéaires de prestige.

Les villages baignent au fond de petites criques. On les atteint en descendant le long des collines et à peine le village traversé, on remonte de l'autre côté de la crique pour passer au village suivant. D'éblouissants panoramas sur la mer se succèdent, dévoilant des paysages que les photographes amateurs, tels que moi voudraient figer sur la pellicule informatique. Si les mouvements de la 4x4 m'en laissaient l'occasion... Mais, le mot d'ordre reste actif: les objectifs.

Malheureusement, ils ne seront pas réellement réalisés à Oued Laou. Le village vit au rythme du souk. Notre visite de ce dimanche après-midi tombe à un bien mauvais moment, où aucune activité liée à la poterie n'est présente dans le village.

Toutefois, à force de tourner d'une bâtisse à l'autre dans ce village clairsemé, en se repérant sur les fours aux formes bombées, on trouve quelques poteries récemment façonnées.

Malgré un contact malaisé avec la famille, on nous apprend suffisamment sur la spécificité de la production locale, basant sa renommée sur la qualité réfractaire des tajines, qui ne sont pas émaillées, donc très naturelles et résistantes. La production est assez basique, car outre les tajines, ils façonnent des casseroles, des plats, des bols, des assiettes et des foyers fort utiles.

Au loin, une dame âgée amène sur son âne un fagot de bois, tandis qu'un vieil homme trimbale des branches de palmiers. D'un autre côté, un fourgon charge des racines d'arbres et arbustes récoltées par une paysanne. Nous remarquons aussi un petit camion qui charge une cargaison de poteries rassemblées dans un local. Il est vrai que la poterie des Beni Saïd du village de Farran Ali (ou Ifrane Ali) s'exporte bien.

La route suit l'oued qui remonte fortement vers la ville de Chefchaouen, porte d'entrée du Rif et de ses vendeurs de kif.

Un hôtel nous ouvre ses portes à l'entrée de la médina. Afin de lui donner un cachet particulier, les habitants et commerçants peignent certains murs, les portes, les châssis de fenêtres dans une couleur bleue assez vive. Mais le bleu n'est pas identique d'un endroit à l'autre, les différents tons de bleus donnent d'amusantes nuances rappelant certaines îles grecques.

La médina est très attrayante, les ruelles grimpent le long de la colline puis redescendent vers d'improbables impasses. Les petites boutiques sont bien décorées et achalandées et les vendeurs de kif sont aux aguets.

Près de la place centrale, sont rassemblés le fondouk, la grande mosquée et la kasba aux portes de la médina. Les terrasses des cafés-restaurants s'avancent dans les rues ou, panoramiques, surplombent ce lieu enchanteur où l'on devine au loin les jardins étagés des cultivateurs. (encore un coup de cœur, assurément)


 

Par Pascal Léonard - Publié dans : Voyages poteries & céramiques
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