Maroc ceramic tour - Jour 10 - Zagora>Tamgroute>Vallée du Draa>Marrakech
Jour 10 : vendredi 17 juillet
Etape: Zagora Tamgroute Vallée du Draaa Ourzazate Marrakech
km ↦ : 4200 km⇥ : 4618 km ↔ : 418 km
Après une soirée merveilleuse et une nuit reconstituante, rafraichis de jus d'oranges pressées et de thé à la menthe, motivés par le rendez-vous auprès des artisans, nous repartons pour Tamegroute.
Tous les potiers sont déjà en pleine production, tournant tantôt les cruches et tajines, collant une anse, retouchant les défauts, émaillant à même le sol, à mains nues, dans de grosses bassines.
Le travail est dur, rude même, la chaleur est déjà si intense le matin. Des femmes et enfants sont sur place, pour les coups de mains. Il y a beaucoup de coups de mains... L'enfant guide l'âne, l'âne amène la paille, le bois; l'homme, l'argile creusée dans la palmeraie voisine. Il repart avec les cendres.
Les pièces sèchent rapidement au soleil. Émaillées à cru, elles seront cuites en mono-cuisson. Ici, les défauts ne comptent pas, ils font partie du charme de la production de Tamegroute. Les oxydes de cuivre et manganèse apportent la couleur verte de cet émail à base de silice et de 'plématite', une pierre feldspathique rouge issue des montagnes de la région. Le plomb n'est plus d'actualité, qu'ils disent. Et nous les croyons.

Dans les nombreuses boutiques en bord de route, il est possible d'acheter toute la production marocaine de Fès à Safi... Pourquoi? Il faut bien vivre. La seule poterie de Tamegroute ne peut suffire, et les collègues des autres centres potiers vendent, eux-aussi, les poteries de Tamegroute. Un échange de procédé nécessaire et fort apprécié.
Un artisan nous invite à regarder son talent de décorateur au henné. Rapidement, il esquisse sur un couvercle de boite en terre cuite de couleur ivoire un dromadaire à l'aide d'une aiguille trempée dans la couleur brune. C'est plaisant, surtout dans son costume berbère de chamelier... Gageons que des touristes arrivent vite.
Les contacts et renseignements pris, les promesses de se revoir ou de travailler ensemble... Inch Allh! Nous prenons la route, qui présage d'être à nouveau longue vers Marak, la capitale berbère qui a donné son nom au Maroc.
La route qui va arpenter les massifs du Haut-Atlas nous révèle d'inédites surprises, surtout pour les adeptes du vertige. Et j'en connais un! Si, si...
Mais quel chauffeur ce Vincent, sur sa Defender, La Defender! Imperturbable, il rivalise avec les camions dans les descentes et, dans les montées, avec les tous récents SUV et autres Crossover... « Marak, ce sera bien pour ce soir, et avant la nuit. Je te dis! ». Je ferme les yeux.
Et si vous lisez ce carnet de route, c'est qu'on y est arrivé, en entier.
Un conseil, prévoir un jour de plus, la région est superbe et de nombreuses vallées annexes semblent mériter un détour de quelques heures. La route du Tizi-N-Tichika ou la visite de Télouet? Mais, nous avions des objectifs, et un timing à respecter. Et puis, Marak, un vendredi soir, ça tente.
C'est donc vers 20h que nous arrivons, remarquablement guidé par le co-pilote, en plein centre de Marak, à quelques mètres de la Koutoubia. Après avoir trouvé sans difficulté une place de parking en plein dédale de ruelle, nous arrivons dans le reposant riad Tizgui, décoré avec charme.
Sur les murs saumon, les photos 'noir et blanc' du vieux Marrakech apportent, avec classe, une touche à cette architecture particulière nous incitant à siroter en toute philosophie et sérénité notre apéritif accompagnant la rafraichissante salade marocaine.