Jour 8 : mercredi 15 juillet
Etape: Ar Rachidia les gorges du Todra les gorges du Dadès Ouarzazate Aït Benhaddou
km ↦ : 3547 km⇥ : 3976 km ↔ : 429 km
Longue et mémorable journée...
La température monte et on annonce une canicule sur l'Atlas: plus de 50°C... On fait le plein d'eau froide dans le frigo branché sur la batterie mais il peine a maintenir une fraicheur acceptable. En route pour une nouvelle aventure! Ha, si on savait...
Le début de la journée est fort agréable, avec notamment la découverte d'un antiquaire sur la route de Goulmina qui
nous donne un avant goût de l'artisanat à la croisée des chemins quittant le Moyen-Atlas vers le Haut-Atlas et les déserts du Sud.
Portes dogons et bijoux touareg se marient aux céramiques marocaines avec élégance. Nous sommes tentés pour nos premiers achats, mais la route nous attire plus vers le Sud, vers la mythique Ouarzazate!
Arrivé à Tinerhir, les larges jarres et pots de fleur roses du village de El-Hart nous incitent à un détour auquel nous résistons vaillamment. L'entrée des gorges du Todra (Todgha) est
située à l'opposé et, de nouveau, des choix de route s'imposent si l'on entend respecter un horaire... dont on reparlera bientôt!
Les gorges sont impressionnantes et un public principalement indigène s'adonne aux joies de la baignade dans cette eau
limpide.
Quelques centaines de mètres plus en altitude, nous ne résistons plus à tremper les pieds et à nous rafraichir d'une dernière « Jupiler » restant au fond du frigo. Il est
vrai que c'est à ce moment que deux canettes de soda, secouées mais surtout chauffées par les rayons du soleil traversant les vitres du 4x4, ont comme drôle mais surtout impressionnante idée...
d'exploser! Après avoir vérifier les pneus de la Land, nous découvrons les collants dégâts des canettes de sodas sucrés et gazeux, dont le contenu répandu à travers nos bagages s'évapore
rapidement.
Fini la pause et quelques kilomètres plus haut, nous décidons, sans guide, de couper par une petite route de montagne afin de rejoindre la vallée du Dadès. Sur papier, c'était jouable...
La route n'est pas fréquentée et se dégrade assez rapidement. Assez vite un choix parmi deux routes mais aucune indication ni repère sur nos cartes. On opte pour la gauche et c'est dans une
aventure de plus de 4 heures que nous nous lançons, sans filets...
On peut le raconter une centaine de fois, mais il est impossible de décrire dans quel guêpier on s'est fourré? La
route, après avoir atteint un premier sommet plonge dans une vallée de pierrailles. Le dernier visage humain a l'allure d'une petite fillette nous attendant proche de sa maison troglodyte en
jouant un petit rythme musical sur son violon bricolé en métal.
La route, enfin le chemin se rétrécit et les traces de pneus disparaissent par endroits. L'improvisation commence, nous obligeant à quitter de temps en temps ce chemin pour entrer dans le
lit de l'oued plus praticable dans le fond des vallées. Derrière la montagne, une nouvelle vallée à remonter, grimper même, avec des tournants périlleux et une piste qui devient réellement
dangereuse. Les assises sont instables, et la roue se rapproche du ravin.
Il faut maintenant descendre de la 4x4 et guider de la main Vincent qui dans une confiance aveugle suit le mouvement de mes mains pour orienter ses roues avant. « Non, encore un
peu, doucement, encore, tout droit, vas-y, oui, c'est ça, encore, encore, doucement, stop, non, encore, encore, tourne, oui, c'est ça, doucement, vas-y... ». Et la Land passe, quelle
voiture, géniale, heureusement que l'empattement est si étroit, et qu'elle reste stable sur « 3 pattes »... On comprend maintenant son succès...
Perdus, douteux, incertains, septiques, nerveux... Quels qualitatifs peuvent décrire notre anxiété? Personne en vue, pas de réseaux, et le soleil qui se couche... Si on se retrouve dans le noir là-dedans qu'allons-nous faire? Et pas question de faire demi-tour...
Bon, faisons semblant d'avoir la foi, derrière la prochaine colline, il y a une sortie de ce labyrinthe, c'est sûr!
Il faudra encore attendre mais une première trace nous remonte le moral, un semblant de piste se redessine petit-à-petit une légère lueur (d'espoir?) se distingue au loin. Nous débouchons finalement dans un village en haut des gorges du Dadès, ayant mis 5 heures pour quelques kilomètres de distance. On s'en souviendra, c'est sûr!
C'est donc dans le noir que l'on descendra les gorges. Et que finalement on se décide à quand même rejoindre l'hôtel réservé près de Ourzazate, en fait à Aït Benhaddou. L'hôtelier, n'y
croyant plus, écoutant notre émotionnel récit, accepte de nous ouvrir les portes et de nous sustenter avec un savoureux couscous que nous terminons vers 3 heure du mat.
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