Maroc ceramic tour - Jour 06 - Fès>Beni Meraz>Moulay Idriss>Meknès>Fès

Publié le par Pascal Léonard

Jour 6 : lundi 13 juillet

Etape: Fès Beni Amar Beni Meraz Moulay Idriss Meknès Fès

km : 2960 km : 3180 km : 220 km

 

Après un mémorable détour par l'internet café afin de sortir des plans détaillés de la région du massif du Zerhoun, nous nous dirigeons vers les fumées noires du quartier des potiers. Véritable problème de société, cette pollution due à la cuisson dans des fours à bois d'olivier, mais aussi de déchets d'olives et autre combustibles devient un véritable problème. Tôt ou tard, les poteries devront déménager et s'éloigner de la ville.

Des fours au gaz, moins polluants devront remplacer les fours traditionnels. Mais, déjà les anciens artisans sentent et prédisent que ce ne sera jamais plus pareil. Les cuissons aux feux de bois apportent des effets flammés rustiques qui donnent un charme évident. Les rustiques zelliges sont d'une beauté rares. Pas un carreau n'est pareil, alors que la cuisson au gaz uniformera la production...

 

Une visite à la coopérative des potiers nous en apprend beaucoup sur les techniques utilisées à Fès. Déjà, l'argile n'est plus d'origine locale, mais bien importée de France ou d'Angleterre, afin d'avoir une source plus blanche et pure. Tantôt tournés, tantôt coulés les réalisations sont biscuités avant la pose du décor entièrement réalisé à la main. Les pigments sont aussi industriels, le célèbre bleu mais aussi bien d'autres couleurs afin de se diversifier et répondre aux demandes des clients...

La cuisson de la couverte est faite au gaz, voire même dans des fours électriques. On est très, très proche de la majolique andalouse. Seuls les décors, de formes géométriques d'inspiration orientale permettent d'identifier la spécialité originale locale.

 

D'un atelier à l'autre, la finesse des décors, les matériaux employés et la qualité des artisans différencient les productions de qualités très inégales.

 

Non loin de là, de la fumée sort d'une autre fabrique artisanale de carreau en terre cuite. Une dizaine d'ouvriers travaillent dans tous les coins de l'atelier, sur le toit, au milieur de la cour, dans les annexes, et même dans le four... Un ouvrier malaxe l'argile, un autre façonne les carreau à l'aide d'un gabarit. Plus haut, on étale les pavés pour faciliter le séchage. La production est importante et entièrement manuelle. Le patron nous explique ses difficultés liés aux impératifs d'un déménagement forcé. Il ne rit pas.

 

Nos objectifs étant plutôt centrés sur la poterie individuelle et non sur les grands ateliers de production, nous décidons de partir à nouveau dans le rif, dans la région du Zerhoun à une soixantaine de kilomètres de Fès, au Nord de Meknès.

 

Nous visons Beni Amar, mais personne ne peut nous renseigner. De là, nous grimpons par une route sinueuse vers Beni Meraz, un village perché sur un des sommets du Zerhoun. Des villages troglodytes et des massifs rocheux attirent notre regard et nous imaginons de superbes coins où se retirer quelques jours, loin de tout stress urbain.

 

Ce village, il existe. C'est d'ailleurs là que nous rencontrons la potière Saïda. Sa poterie est différente, la terre est plus ferrugineuse et la surface est légèrement polie. Un léger décor foncé assez naïf ajoute quelques motifs floraux aux formes rondes et massives.

 

Déjà présente dans des publications sur la poterie rurale datant d'une vingtaine d'année, sa poterie est renommée et intéresse les collectionneurs. Mais Saïda produit peu, l'âge et la fatigue ralentissant son enthousiasme. Maintenant, les travaux quotidiens du ménage, la vache, le jardin, l'occupent suffisamment. Aidée par sa fille Fatima, elle continue pourtant en ce moment le métier traditionnel.

La beauté du village nous y fera revenir... Une autre fois, pour les projets.

Le retour via Moulay-Idriss, Volubilis et Meknès nous offre de nouveaux paysages trop vite parcourus.

Les vignes sur la route de Fès témoignent d'une production importante régionale de vin, qui, il faut le dire, est fort gouleyant, notamment le Guerrouane et le Beni M'Tir.


 

 

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